"Le procès de Charles Taylor n'aura pas lieu le 20 août comme prévu initialement. Il y aura seulement une audience de procédure" durant laquelle les juges devront se prononcer sur la date de reprise du procès, indique le porte-parole du Tribunal Solomon Moriba dans un communiqué.
La nouvelle équipe de défense de M. Taylor, le premier ex-chef d'Etat africain à comparaître devant la justice internationale, a demandé un report jusqu'au 7 janvier 2008.
Charles Taylor, 59 ans, avait boycotté l'ouverture de son procès le 4 juin et annoncé qu'il renvoyait son avocat, arguant qu'il ne bénéficiait pas d'un procès équitable. Depuis ce jour, la reprise du procès a à plusieurs fois été reportée afin de régler des questions administratives.
Après que les juges eurent ordonné une augmentation du budget alloué à sa défense, un nouvel avocat, Me Courtenay Griffiths, a été nommé en juillet. Celui-ci a déja prévenu qu'il aurait "besoin de semaines pour lire tous les documents du dossier".
M. Taylor est reconnu comme "indigent" par le TSSL qui règle ses frais de défense.
Son procès devant le TSSL, où il doit répondre de 11 chefs d'accusation de crimes de guerre et crimes contre l'humanité --notamment de meurtre, viol et recrutement d'enfants soldats--, a été délocalisé à La Haye à la demande du Liberia qui craint pour la stabilité de la région.
M. Taylor est notamment accusé d'avoir soutenu les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) qui ont martyrisé les civils durant la guerre en Sierra Leone, qui a fait près de 200.000 morts, en échange de diamants et d'autres ressources naturelles rares de ce pays voisin du Liberia.
Les atrocités commises par les groupes rebelles s'affrontant en Sierra Leone incluent des meurtres et viols à grande échelle, mais aussi une pratique répandue de mutilations où les oreilles, jambes ou bras des victimes étaient coupés à l'aide de machettes.