Le précédent bilan officiel faisait état de 34 morts et de 177 blessés, tandis que, de sources médicales, le nombre de morts se situe entre 62 et 72. Les deux attentats, visant le Conseil constitutionnel et les représentations de l'ONU dans la capitale algérienne, ont été perpétrés par des kamikazes à bord de véhicules piégés.
'enquête s'est poursuivie jeudi à la recherche d'éventuels complices des kamikazes et certains Algérois, gagnés à nouveau par la psychose de l'attentat, craignent de nouveaux attentats.
Certains Algérois, gagnés par la psychose de l'attentat après les deux attentats à la voiture piégée de mardi contre le Conseil constitutionnel et les locaux de l'ONU, se préparent "à une nouvelle tempête après une accalmie", déclare Dorra Benyahia, médecin. "Maintenant qu'ils ont réussi leur coup, ils vont nous laisser tranquilles pendant quelques mois ou quelques semaines, avant de recommencer", prédit Mohammed Layachi, 75 ans, gardien d'immeuble. "C'est sûr qu'ils recommenceront", ajoute-il fataliste.
Depuis que la police a repris le contrôle des grandes villes en 2002, les groupes islamistes armés ont habitué les Algériens à frapper, à s'éclipser et à frapper à nouveau.
Après l'attentat du 11 avril contre le palais du gouvernement à Alger, ils avaient attendu le 11 juillet pour s'attaquer à une caserne à Lakdaria (est), puis le 6 septembre pour mener deux attaques rapprochées contre le cortège présidentiel à Batna (est) puis, le lendemain, contre une caserne à Dellys (côte est).
"Cette stratégie, inspirée par la doctrine militaire du prophète Mohammed, fondée sur une alternance entre offensive et repli, est le point fort d'al-Qaïda au Maghreb, mais traduit aussi sa faiblesse", estime un expert algérien du terrorisme, sous couvert d'anonymat.
Traqués par l'armée jusque dans leurs repaires des maquis et montagnes de Kabylie (est d'Alger), les groupes islamistes, qui ont perdu ces derniers mois plusieurs de leurs "émirs", n'auraient plus la capacité de mener des opérations rapprochées, comme ils le faisaient jusqu'en 2002, selon cet expert.
Depuis mardi, les services de sécurité mènent dans les quartiers à dominante islamiste des investigations à la recherche d'éventuels complices des deux kamikaze de mardi.
Ces services disposeraient de dossiers sur des "suspects" et des "recherchés", dont des femmes et des jeunes de 18 à 25 ans, "représentant un danger imminent", affirme le quotidien arabophone Ech-chourouk.
Par ailleurs, les deux kamikazes des attentats de mardi ont été identifiés. Il s'agit de Rabah Bechla, 64 ans, dont deux enfants ont été tués dans les maquis islamistes, et de Larbi Charef, 30 ans, un "repenti" qui est retourné au maquis après sa libération en 2006, a-t-on appris de source sécuritaire algérienne.