Son avant-dernière apparition publique remontait au 6 août lorqu'il avait reçu à Alger le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, en visite d'Etat. Il lui avait apporté son soutien sur le contentieux nucléaire avec les Occidentaux.
Mardi, le président Bouteflika s'est rendu à l'hôpital militaire d'Alger au chevet du théologien qatari d'origine égyptienne Youssef al-Qaradaoui, hospitalisé depuis vendredi soir.
M. Qaradaoui, qui anime une chronique religieuse très suivie sur la chaîne arabe Al-Jazira, et dont l'une des épouses, Asma Ben Kada, est algérienne, a condamné la violence islamiste en Algérie et soutenu la politique de réconciliation nationale du président Bouteflika.
M. Bouteflika s'est également rendu au domicile du général-major Smaïn Lamari, directeur des renseignements intérieurs, décédé à l'aube de mardi d'une crise cardiaque. Il était la cheville ouvrière de l'accord de reddition des chefs de l'Armée islamique du salut (AIS), branche militaire du Front Islamique du salut (FIS - dissous).
La télévision algérienne a montré des images de M. Bouteflika se recueillant sur le cercueil du général-major Lamari, entouré notamment de sa veuve et de plusieurs de ses enfants et de ses proches.
M. Bouteflika, concentré et très ému, était assis dans un fauteuil, face au cercueil posé à même le sol. Il semblait très affecté par la perte de ce général, qui avait coordonné pendant plus de dix la lutte anti-terroriste, et hâté le démantèlement des maquis islamiste en les infiltrant.
Les obsèques du général-major Lamari ont eu lieu en début d'après-midi, en présence d'un grand nombre de personnalités, au "Carré des Martyrs" du cimetière national d'El-Alia (banlieue sud-est), où reposent les dignitaires du régime.
Le chef de l'Etat a par ailleurs reçu les lettres de créance du nouvel ambassadeur de Grande Bretagne, Andrews David Sordes Henderson, ainsi que les ambassadeurs du Koweit et d'Italie venus lui rendre une visite d'adieu à la fin de leur mission en Algérie.
Selon des sources proches de la présidence, M. Bouteflika, qui prenait des vacances depuis le 6 août, doit inaugurer dans les prochains jours le nouveau siège du Conseil constitutionnel et entreprendre une nouvelle série de visites d'inspection dans l'ouest algérien.
Lors d'une conférence de presse en milieu de matinée sur la rentrée sociale de septembre, le chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem a balayé d'un sibyllin "ce sont des racontars", les rumeurs, reprises lundi par des journaux algériens, sur une éventuelle aggravation de l'état de santé du chef de l'Etat.
Selon ces rumeurs, M. Bouteflika atteint depuis fin 2005 d'un "ulcère hémorragique à l'estomac, selon son équipe médicale soignante algérienne, aurait été transféré en France et en Suisse pour être traité d'urgence.
M. Bouteflika, qui vient de franchir le cap des 70 ans, avait été opéré pour cette affection à l'hôpital militaire français du Val-de-Grace en novembre 2005.
Depuis le début de l'année, M. Bouteflika, dont le timbre de voix s'est affaibli, a enchaîné les visites d'inspection en province, prenant des bains de foules et parcourant à pied les principales artères des chef-lieux des départements visités, parfois sous une chaleur torride.