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Cinq ans après, la Côte d'Ivoire toujours prisonnière de ses divisions

Cinq ans après la tentative de coup d'Etat de septembre 2002, qui a coupé le pays en deux, la Côte d'Ivoire n'a pas sombré dans la guerre civile mais attend toujours la réunification, qui tarde à venir malgré l'accord de paix de mars entre le Nord et le Sud.

Source: AFP




Laurent Gbagbo et Guillaume Soro lors d'une cérémonie à Bouaké le 30 juillet 2007
Laurent Gbagbo et Guillaume Soro lors d'une cérémonie à Bouaké le 30 juillet 2007
Il y a un mois, des habitants d'Abidjan qui faisaient leurs courses dans l'un des principaux centres commerciaux ont vu surgir avec étonnement le "commandant" rebelle Issiaka Ouattara, dit Wattao, venu faire du shopping entre deux gardes bardés de Kalachnikov.

En septembre 2002, Wattao était l'un des meneurs de la rébellion des Forces nouvelles (FN) qui, après avoir échoué à renverser le président Laurent Gbagbo à Abidjan, s'était repliée en prenant le contrôle du Nord.

Depuis, la guerre civile annoncée n'a pas eu lieu, et les deux camps ont cessé leurs affrontements, restés limités, à la fin 2004.

Ils ont même scellé leur réconciliation le 4 mars 2007 avec la signature d'un accord entre Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, le chef des FN devenu depuis Premier ministre.

La force Licorne de l'armée française, déployée entre les deux camps dès septembre 2002, a symboliquement remis à l'armée loyaliste le contrôle de l'aéroport international de Yamoussoukro (centre).

Mais l'image ne doit pas être trompeuse: cinq ans après, la Côte d'Ivoire reste divisée et on attend toujours que les deux camps se mettent d'accord pour réunifier le pays et organiser des élections, prévues, selon l'accord de paix, début 2008.

La présidentielle devrait se tenir "raisonnablement aux environs d'octobre 2008", a annoncé jeudi la Commission électorale indépendante.

La partition du pays a été consolidée par les désaccords persistants entre les belligérants.

"Dans chaque camp, un certain nombre d'acteurs ont vu qu'ils pouvaient s'enrichir chacun de leur côté. Ils ne sont donc pas pressés d'aller à la paix", explique Gilles Yabi, analyste de l'International Crisis Group.

"L'affaiblissement de l'Etat a créé le désordre et l'impunité. Beaucoup de réseaux souterrains très puissants se sont développés", ajoute Patrick N'Gouan, président de la Ligue ivoirienne des droits de l'Homme.

Le maintien du cacao et le début de l'exploitation pétrolière ont permis à l'économie officielle ivoirienne de résister bon an mal an à la crise.

Mais si l'élite en profite, la majorité de la population, elle, subit une partition qui restreint la liberté de circulation et nourrit l'inflation.

"Le taux de croissance sur cinq ans est proche de zéro, l'insécurité et la corruption se généralisent, le taux de pauvreté est passé de 33% à près de 45%, l'espérance de vie de 52 ans à 46 ans...", énumère Patrick N'Gouan.

Cette réalité, tout comme le luxe parfois sans limites de ses divers dirigeants, est toutefois acceptée avec résignation par la population.

Quant à la communauté internationale, elle semble lassée d'un conflit qui lui paraît bien moins urgent que d'autres (Somalie, Afghanistan, Liban...).

Rien ne s'oppose dès lors au statu quo politique. "Et la comédie du pouvoir peut continuer, entre deux incidents", estime un diplomate occidental.

Renforcé par l'accord signé avec la rébellion, Laurent Gbagbo clame sa volonté d'aller le plus vite possible aux élections. "Mais il n'ira aux élections que s'il est sûr de les gagner", estiment plusieurs diplomates.

Son Premier ministre souligne au contraire qu'il ne faut pas se précipiter.

"La plupart des dirigeants en place ont intérêt à ce que la situation dure. Alors pourquoi se presser?", lançait début septembre un responsable ivoirien.


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1. Posté par BAATOUKEURGUI le 27/09/2007 16:21
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