Dans un communiqué parvenu dimanche à l'AFP à Nairobi, l'ONLF affirme avoir tué "au moins 140 soldats de l'armée éthiopienne et blessé beaucoup d'autres (...) lors d'une opération majeure de l'ONLF vers 06h00 (03h00 GMT) samedi ayant impliqué près de 1.000 combattants de l'ONLF près de la localité de Caado (25 km au nord-ouest de la ville de Werder)".
La ville de Werder est située à environ 650 km au sud-est de la capitale éthiopienne Addis Abeba.
Les militaires escortaient M. Abay Tsehaye, haut responsable du parti au pouvoir au moment de l'attaque, selon le mouvement rebelle.
Aucun responsable éthiopien n'était joignable dans l'immédiat pour confirmer ou démentir cette information. L'armée d'Addis Abeba a lancé depuis plusieurs mois des opérations contre l'ONLF dans cette région.
"Cette opération était une réponse directe à la récente destruction par le feu de la localité de Caado et aux abus continus perpétrés par l'armée éthiopienne contre le peuple de l'Ogaden dans la région de Werder", ajoute l'ONLF.
L'Ogaden, situé le long de la frontière avec la Somalie, pays en guerre civile depuis 1991, est une région très instable d'Ethiopie, et fief de l'ONLF.
A la mi-septembre, une mission de l'ONU avait préconisé dans un rapport l'organisation d'une "enquête indépendante sur la situation des droits de l'homme" dans cette région, de la taille de la Grande-Bretagne qui abrite 4 millions d'habitants, où des gisements de gaz et de pétrole ont été récemment découverts.
Début juillet, l'ONG Human Rights Watch (HRW) avait accusé l'armée éthiopienne d'avoir rasé des villages et déplacé des milliers de civils.
L'ONLF a de son côté accusé le gouvernement éthiopien d'être coupable de "crimes contre l'humanité" et de "génocide" dans la région, où le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a dû cesser ses activités fin juillet à la demande des autorités éthiopiennes.
L'ONU a fait savoir jeudi dernier que l'Ethiopie lui avait donné son accord pour mener librement des opérations humanitaires dans l'Ogaden.