Les pires inondations depuis plus de 30 ans touchent désormais 22 pays du continent africain d'ouest en est et elles ont causé la mort d'au moins 300 personnes, un bilan provisoire compte tenu de la difficulté d'accès aux zones sinistrées et qui pourrait s'alourdir au regard du risque croissant d'épidémies.
Le nombre des sinistrés a augmenté en Ethiopie, au Niger et au Soudan, trois pays où ils sont désormais près de 800.000, a indiqué lundi le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).
Le plus grand pays d'Afrique, le Soudan, balayé par plusieurs vagues de pluies torrentielles, paie le plus lourd tribut avec 500.000 à 625.000 personnes dans le besoin, selon différentes estimations des Nations unies.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé mardi qu'il commencerait le mois prochain à larguer des vivres dans les trois Etats du sud du Soudan pour venir en aide à 43.800 sinistrés. Quelque 89.000 sinistrés reçoivent déjà l'aide du PAM dans d'autres régions du sud et de l'est du Soudan.
En Ethiopie, de nouvelles précipitations ont touché la région de Gambella (ouest, frontalière du Soudan), inondant les villages et les champs, a déclaré à l'AFP la porte-parole d'OCHA, Elisabeth Byrs.
La catastrophe affecte désormais 226.000 personnes en Ethiopie, dont 70.860 déplacés.
En Ouganda, quelque 400.000 personnes ont besoin d'une aide humanitaire dans le nord du pays, frontalier du Soudan, une aide entravée ces derniers jours par de nouvelles précipitations qui rendent les routes difficilement praticables.
Le Kenya a de son côté lancé un programme de travaux structurels de 97 millions de dollars, en partenariat avec la Banque mondiale, destiné à "créer des digues, canaux et voies d'eau afin de contrôler les courants qui se jettent dans la rivière Nzoia", responsables des inondations.
Douze militaires centrafricains sont morts noyés dimanche au cours de la traversée d'une rivière en crue dans le nord-ouest du pays, a annoncé mardi le ministère centrafricain de la Défense.
En Afrique de l'Ouest, région en majorité sahélo-saharienne plus habituée à de faibles pluies, le bilan s'est également aggravé.
Au moins 33 personnes sont mortes au Burkina Faso depuis août, selon les autorités, tandis qu'au Bénin, 80% des terres cultivées ont été inondées dans le nord du pays depuis la mi-septembre.
Au Niger, au moins sept personnes sont mortes et plus de 57.000 autres ont été touchées par les fortes pluies depuis juillet.
Les inondations qui ont détruit récoltes et provisions et endommagé les infrastructures font désormais craindre des pénuries alimentaires ainsi qu'une aggravation du risque d'épidémies.
Mardi, l'Organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a assuré mobiliser toutes ses ressources pour "évaluer sur le champ les dégâts causés par les inondations aux agriculteurs (...) et pour mobiliser des ressources afin de les aider à reprendre leurs activités agricoles".
"La possibilité que les récentes inondations soient la conséquence du changement climatique me préoccupe au plus haut point", a ajouté à Rome le dirigeant de la FAO, Jacques Diouf, dans un communiqué.
L'organisation estime qu'environ 12 millions de dollars sont nécessaires pour venir en aide aux communautés agricoles en Afrique de l'Ouest et en Afrique orientale.
Le PAM rapportait toutefois lundi que les prévisions de production agricole pour l'année 2007-2008 restaient favorables en Afrique de l'Ouest.