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Israël: la police israélienne en état d'alerte après l'attentat de Jérusalem

Israël était en état d'alerte vendredi au lendemain d'un attentat palestinien contre une institution religieuse à Jérusalem-ouest qui a coûté la vie à huit adolescents et porté un nouveau coup à un processus de paix fragile.

Source: AFP




Une unité anti-terroriste en état d'alerte à Jérusalem le 6 mars 2008
Une unité anti-terroriste en état d'alerte à Jérusalem le 6 mars 2008
L'armée israélienne a imposé un bouclage général de la Cisjordanie occupée qui sera en vigueur jusqu'à samedi soir, afin de limiter les risques d'un nouvel attentat, selon une porte-parole militaire.

Des milliers de policiers ont été déployés en renfort dans le pays, ainsi qu'à Jérusalem où les lieux publics ont été placés sous haute surveillance, a indiqué la police.

Le ministre de la Défense Ehud Barak devait avoir dans l'après-midi des consultations avec de hauts responsables de l'état-major sur les mesures à prendre après l'attentat, le premier à Jérusalem-ouest depuis une attaque suicide palestinienne en février 2004 (8 Israéliens tués).

Jeudi soir, un Palestinien, Alaa Hicham Abou Dheim, 25 ans, est entré dans la Yeshiva du Mercaz Harav à Jérusalem-ouest, tirant avec un fusil automatique sur les étudiants israéliens dont huit âgés de 15 et 16 ans ont été tués et dix blessés.

L'auteur de la fusillade, un habitant de Jérusalem-est annexée, a été ensuite été tué par les forces israéliennes.

"Massacre à la yeshiva", a titré le quotidien à grand tirage Yédiot Aharonot, avec une photo en une montrant les châles de prières ensanglantés des victimes.

L'attentat a suscité un choc parmi la population israélienne qui craint une vague d'attentats similaire à celle qui avait été menée au plus fort de l'Intifada palestinienne il y a quelques années.

Des milliers de personnes se sont rassemblées le matin devant le lieu de l'attaque où des rabbins ont prononcé des oraisons funèbres, certains en larmes, avant les funérailles.

Le commandant de la police de Jérusalem, Aharon Franco, qui n'a pas exclu de nouveaux attentats, a affirmé à la radio avoir fait "converger de grandes forces à Jérusalem pour assurer la sécurité des habitants".

La police, qui craint aussi des actes de vengeance d'extrémistes israéliens, a interdit aux fidèles palestiniens de sexe masculin âgés de moins de 45 ans d'accéder à l'esplanade des Mosquées de Jérusalem, troisième lieu saint de l'islam à Jérusalem.

Plus de dix Palestiniens ont été arrêtés dans un quartier de Jérusalem-est où résidait l'assaillant, selon des témoins.

Selon le commandant Franco, la police et le service de sécurité intérieure israélien (Shin Beth) examinent la crédibilité de "différentes revendications de l'attentat sans se prononcer à ce stade".

La télévision du Hezbollah libanais a fait état d'une revendication par un groupe jusqu'alors inconnu, les "Kataëb Ahrar el-Jalil (Brigades des hommes libres de la Galilée)-Groupe du Martyr Imad Moughnieh et les martyrs de Gaza". Le Hezbollah a accusé Israël de l'assassinat de Moughnieh, son chef militaire.

Le mouvement palestinien Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007, a qualifié l'attentat d'acte "héroïque" mais ne l'a pas revendiqué.

"Il s'agit là d'une épouvantable tuerie. Ceux qui s'en réjouissent révèlent leur véritable face et la nature de leur programme extrémiste", a dit à l'AFP le porte-parole du Premier ministre israélien Ehud Olmert, en réaction aux manifestations de liesse à Gaza après l'attentat.

Le Mercaz Harav, une institution célèbre en Israël, a valeur symbolique comme un haut lieu du nationalisme religieux. C'est en son sein qu'est né après la guerre des Six jours de 1967, le mouvement du Bloc de la Foi, le Goush Emounim, fer de lance de la colonisation juive en Cisjordanie occupée.

L'attaque est intervenue au lendemain d'une visite à Jérusalem de la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice qui avait réussi in extremis à arracher une promesse du président palestinien Mahmoud Abbas à reprendre les négociations de paix avec Israël suspendues en raison d'une opération militaire israélienne d'envergure à Gaza où au moins 132 Palestiniens ont péri depuis le 27 février.

Elle a suscité une forte réprobation dans la communauté internationale. Mais le Conseil de sécurité de l'ONU, réuni en urgence, n'a pu s'entendre sur un texte la condamnant en raison de l'opposition libyenne.


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