Au moins neuf personnes ont été tuées et une centaine de maisons incendiées au cours de violences intercommunautaires dans la Vallée du Rift.
"L'attaque a visé deux villages. Neuf personnes ont été tuées et 11 autres souffrent de graves blessures à la machette", a indiqué à l'AFP le responsable du district de Laikipia ouest, Julius Mutula. "Apparemment, il s'agit d'attaques de représailles après la mort d'une femme et des incendies de maisons dans la même zone la nuit dernière".
"Plus d'une centaine de maisons ont été incendiées dans les violences", a précisé un policier local sous couvert d'anonymat.
A Nairobi, M. Kibaki a ouvert une session du Parlement qui sera chargée à partir de mardi prochain de la mise en oeuvre de l'accord de partage du pouvoir signé le 28 février par M. Kibaki et l'opposant Raila Odinga.
Cet accord vise à mettre fin à l'une des pires crises qu'ait connue le Kenya depuis son indépendance en 1963.
"Je pense que cet accord est une victoire pour tous les Kényans (...) et constitue la première étape pour parvenir à un Kenya prospère et stable", a lancé M. Kibaki dans son discours aux parlementaires.
Plus de 1.500 personnes sont mortes et environ 300.000 ont été déplacées dans cette crise née de la contestation par M. Odinga de la réélection de M. Kibaki lors de la présidentielle du 27 décembre, entâchée d'irrégularités.
L'ouverture de cette session du Parlement, issu des législatives également organisées le 27 décembre, était très attendue par les Kényans qui y voient un certain retour à la normale dans le fonctionnement des institutions du pays.
Il s'agit de la première session du Parlement depuis son ouverture formelle le 15 janvier.
"Moi-même et Raila Odinga ont accepté et signé cet accord parce que notre population avait fait savoir clairement qu'elle voulait un seul Kenya, où tout le monde puisse vivre dans la paix, la justice et l'harmonie", a poursuivi M. Kibaki.
"La mise en oeuvre réussie (de l'accord) nécessitera de la bonne volonté, de l'unité (...) et de l'intégrité de la part de cette Assemblée et de tous les dirigeants du pays", a-t-il relevé.
Selon M. Kibaki, quatre projets de loi seront soumis rapidement au Parlement: l'accord national de réconciliation, un projet de loi contenant les amendements nécessaires à la Constitution, et deux projets de loi portant création d'une Commission vérité, justice et réconciliation et d'une commission sur les relations ethniques du Kenya.
Parmi les mesures phares du texte de loi entérinant l'accord figure la création d'un poste de Premier ministre, inexistant jusqu'à présent et qui devrait revenir à M. Odinga, et la création de deux postes de vice-Premier ministres.
Mercredi, la BBC a affirmé que le gouvernement kényan avait donné son consentement à l'utilisation de la violence après la présidentielle, des informations vivement démenties par le porte-parole du gouvernement Alfred Mutua qui les a qualifiées de "grotesques".
Selon des sources citées par la BBC, des réunions ont eu lieu dans la résidence officielle de M. Kibaki entre des membres de la secte interdite et gang criminel des Mungiki et de hauts responsables du gouvernement. Selon la chaîne britannique, l'objectif de ces rencontres était d'engager le gang pour protéger la communauté Kikuyu, ethnie de M. Kibaki, dans la Vallée du Rift.
Source: AFP