L'Erythrée a rejeté mardi les conclusions du rapport de Reporters sans frontières (RSF).
"Je n'attends rien de mieux de cet organe de renseignements", a répliqué mardi à l'AFP le ministre érythréen de l'Information, Ali Abdu, en rejetant les conclusions de ce rapport publié pour la sixième fois et qui mesure le degré de liberté de la presse dans 169 pays.
En dehors de l'Europe, d'où sont issus les quatorze premiers pays du classement, "aucune région du monde n'est épargnée" par la censure ou la violence à l'égard des professionnels des médias.
Internet, en particulier, occupe "de plus en plus de place" dans le décompte des atteintes à la liberté d'expression et plusieurs pays ont reculé dans le classement, "en raison de violations graves et répétées à la libre circulation d'informations sur le web".
En Malaisie (124e), mais aussi en Thaïlande (135e), au Vietnam (162e) et en Egypte (146e), des blogueurs ont été appréhendés et des sites d'information fermés ou rendus inaccessibles.
"De plus en plus de gouvernements ont pris la réelle mesure du rôle essentiel que peut jouer Internet dans le combat pour la démocratie et mettent en place de nouveaux moyens de censurer le réseau", estime RSF, selon qui les autorités des pays répressifs "s'en prennent désormais avec la même force aux blogueurs qu'aux employés des médias traditionnels".
Tous médias confondus, RSF s'inquiète particulièrement de la situation en Birmanie (164e place), jugeant que la "féroce répression des manifestations" par la junte militaire au pouvoir "n'augure rien de bon".
L'organisation regrette également que la Chine (163e) "stagne dans les profondeurs de ce classement", soulignant qu'à moins d'un an des Jeux Olympiques de Pékin, "les réformes et les libérations de journalistes tant de fois promises par les autorités ne semblent plus qu'une vaine illusion".
Les pays du G8, "qui ne cessaient de dégringoler au classement depuis trois ans", ont regagné quelques positions, à l'instar de l'Italie (35e), du Japon (37e) et des Etats-Unis (48e).
"Peut-être que les appels répétés pour que ces démocraties se comportent de manière exemplaire commencent enfin à porter leurs fruits", note RSF.
La France n'arrive qu'en 31e position mais gagne six places par rapport à l'année précédente, les journalistes ayant été "épargnés par les violences qui les avaient touchés fin 2005 lors d'un conflit syndical dans l'île de Corse, et pendant les manifestations dans les banlieues".
Mais de "nombreuses inquiétudes demeurent" dans ce pays, en raison de "cas de censure persistants", de "perquisitions dans des rédactions" et d'un "manque de garanties concernant la protection du secret des sources".
Exception notable, la Russie stagne à la 144e place, en raison de l'assassinat d'Anna Politkovskaïa, de "l'impunité des assassins de journalistes" et du "manque toujours criant de pluralisme dans les médias".
La guerre est "largement responsable" de la mauvaise position de certains pays, souligne RSF.
Ainsi, la recrudescence des combats en Somalie (159e) et au Sri Lanka (156e) a rendu "extrêmement éprouvantes" les conditions de travail des journalistes.