Dans les rues de Conakry, l'expression fait florès : « Ailleurs dans le monde, la vue d'un soldat rassure, ici en Guinée elle fait peur. »
Les Guinéens ont encore payé un lourd tribut à la mutinerie du camp Alfa Yaya. Dans la nuit de mardi à mercredi, des dizaines de personnes ont été blessées par les tirs de militaires incontrôlés se livrant à des pillages et des braquages dans les rues de Yimbaya, Enco5 et Matoto. Le grand marché de Matoto a été saccagé et consciencieusement pillé par des hommes en tenue.
« Ils ont tout pris, ils ont cassé les murs, ils ont pris huile, sucre, télévisions, tout ce qu'il y avait dans le magasin, explique un commerçant qui préfère garder l'anonymat. C'est vide, il ne reste rien. Les opérateurs économiques ont beaucoup d'inquiétudes, car quand celui qui doit te protéger est celui qui t'attaque, à qui avoir recours ? »
L'indiscipline prend parfois des allures de vendetta. Les maisons de plusieurs officiers supérieurs ont été ciblées. Quant à l'impunité, elle est quasiment totale.
Parmi les revendications des mutinés il y avait la libération de leurs camarades arrêtés l'an dernier après les pillages. Ils ont obtenu gain de cause. De quoi renforcer leur conviction qu'avec une arme, tout devient possible.