En fin d'après-midi, la participation semblait forte tant à Lomé que dans les autres grandes villes du pays, selon des journalistes et les observateurs internationaux déployés sur le terrain.
"Les Togolais ont compris les enjeux de ces législatives. Ils sont vraiment sortis" pour voter, a déclaré à l'AFP un responsable de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), chargée d'organiser ce scrutin.
"L'ambiance est bonne dans les bureaux que j'ai visités. Les gens se sont précipités pour voter. C'est très satisfaisant", a confirmé à l'AFP la porte-parole des observateurs de l'Union européenne (UE), Fiona Hall.
Près de 3 millions d'électeurs étaient attendus dans les 5.913 bureaux de vote ouverts jusqu'à 17H00 (locales et GMT).
2.100 candidats de 32 partis politiques ou indépendants briguaient les 81 sièges de députés en jeu, dans un scrutin de liste à la plus forte moyenne, dont les résultats ne devaient pas être connus avant trois jours.
Ces législatives constituent un double test.
D'abord pour le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT, au pouvoir) qui va jauger son emprise sur le pays pour la première fois depuis la mort de son fondateur, le général Gnassingbé Eyadéma, qui fut maître du pays durant 38 ans.
Le scrutin constitue également un test pour le processus démocratique et d'ouverture enclenché par le nouveau président Faure Gnassingbé, 41 ans.
En février 2005, au lendemain du décès du général Eyadéma, son fils Faure Gnassingbé avait été désigné par l'armée pour lui succéder, avant de démissionner sous la pression internationale. Puis il avait été élu en avril 2005 lors d'un scrutin contesté et marqué par une vague de violences (l'ONU parle de "400 à 500 morts").
Depuis, il a impulsé un accord politique global signé par tous les acteurs politiques en août 2006, avant de nommer comme Premier ministre un vieil opposant de son père, l'avocat Yawovi Agboyibo, chef d'un petit parti, le Comité d'action pour le renouveau.
Alors que les principaux partis d'opposition avaient boycotté les dernières législatives en 2003, tous ont décidé d'y participer cette fois-ci.
C'est ainsi la première fois que l'Union des Forces de Changement (UFC) - le parti de Gilchrist Olympio, "bête noire" du régime du général Eyadéma - participe aux législatives depuis le début du processus démocratique en 1990.
Gilchrist Olympio est le fils de Sylvanus Olympio, premier président du Togo assassiné en 1963 lors d'un coup d'Etat auquel participa Gnassingbé Eyadéma.
Selon un responsable de son parti, M. Olympio n'a pas voté dimanche, car il est malade et a dû aller se faire soigner au Ghana voisin.
La démocratisation de la vie politique est une condition essentielle posée depuis des années par l'UE pour reprendre sa coopération avec le Togo, suspendue en 1993 pour "déficit démocratique".
Bruxelles a envoyé une forte délégation d'observateurs dans tout le pays pour s'assurer du caractère "libre" et "transparent" du scrutin, après toute une série de consultations marquées par la violence et la fraude selon la communauté internationale.
"Le processus électoral a été mené de manière consensuelle. Je suis venu en votant dire ma foi en ce processus. J'espère que ce sera le renouveau démocratique pour les Togolais", a déclaré le président Faure Gnassingbé juste après avoir voté dans une école primaire de Lomé.
"Le Togo apaisé est une option définitive et irrémédiable. S'il y a encore des sceptiques je ferai tout pour les convaincre", a insisté le chef de l'Etat.