M. Ravalomanana, qui disposait d'une large majorité dans l'assemblée sortante, avait expliqué cette dissolution par "le besoin de cadrer aux impératifs de développement du pays" et d'assurer la cohérence entre le parlement et les objectifs de son "Madagascar Action Plan" (MAP).
Le MAP est un ambitieux programme de développement quinquennal (2007-2012) du pays, l'un des plus pauvres du monde, dont la future assemblée devra voter le budget.
637 candidatures ont été retenues par la Haute cour constitutionnelle (HCC) pour se disputer les 127 sièges à pourvoir. Cependant, de nombreux candidats n'ont pu déposer leurs bulletins de vote à temps.
Le TIM (J'aime Madagascar), parti fondé par M. Ravalomanana à la veille du scrutin législatif de 2002, part largement favori. En 2002, il avait obtenu 108 sièges sur 160. Depuis, de nombreux députés ou leaders politiques ont toutefois pris leurs distance avec le pouvoir, comme l'ancien président de l'Assemblée nationale Jean Lahiniriko, arrivé deuxième à l'élection présidentielle de décembre 2006, et candidat à sa réélection à Betioky (1.100 km au sud-ouest d'Antananarivo).
En outre, la direction du parti subit les pressions ces dernières semaines d'une frange réformatrice, qui présente ses propres candidats sous une bannière indépendante malgré un soutien affiché au chef de l'Etat.
"Nos visites sur le terrain montrent que la population est avec nous, ils (les dissidents du TIM) ne représentent pas un réel contrepoids", juge cependant Razoarimihaja Solofonantenaina, président du TIM et candidat à Antananarivo. "Nous n'avons qu'une vingtaine d'anciens députés TIM qui se représentent sous cette étiquette", dit-il à l'AFP.
L'opposition a, elle, formé une plateforme électorale qui présente des candidatures communes dans certaines circonscriptions. "Nous rencontrons des difficultés pour défendre nos chances car l'administration a reçu des consignes pour faire obstacle à l'opposition", affirme Pierre Houlder, secrétaire national de l'Arema (Avant-garde pour la rénovation de Madagascar, qui présente des candidats sans l'agrément de son fondateur, l'ancien président Didier Ratsiraka).
Ces griefs à l'encontre du pouvoir ont animé la campagne de l'opposition, qui dispose de peu de moyens financiers et qui ne propose pas d'idées très différentes de celle du pouvoir. "Dans les pays sous-développés, il ne peut pas y avoir de grandes différences entre les programmes, ce sont les pratiques et les méthodes qui font la différence", reconnaît M. Houlder.
Sa volonté de mettre en place une politique de développement en relation avec les bailleurs de fonds et de favoriser un "certain libéralisme économique" se rapproche de l'action du président Ravalomanana. C'est la troisième fois en moins d'un an que les Malgaches sont appelés aux urnes pour un scrutin national.
Le 3 décembre 2006, M. Ravalomanana avait été réélu au premier tour à la présidentielle (54,79% des suffrages). Le 4 avril, une révision constitutionnelle lancée à l'initiative du pouvoir a été approuvée par référendum par 75,38% des électeurs.