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Mali: mission d'un chef touareg pour faire libérer les militaires enlevés

Le chef du mouvement des ex-rebelles touaregs du Mali, Iyad Ag Ghaly, a entamé une médiation auprès d'Ibrahim Ag Bahanga pour obtenir de ce dernier la libération d'une trentaine de soldats enlevés en début de semaine dans le nord du pays, a-t-on appris dimanche de bonnes sources.

Source: AFP




Le président malien à gauche
Le président malien à gauche
"Iyad Ag Ghaly est arrivé dans la région, vers Tinzaouatine (nord-est). Il a déjà pris contact avec le groupe armé dirigé par Ibrahim Ag Bahanga", qui a enlevé des militaires lors d'attaques les 26 et 27 août, a déclaré dans la nuit de samedi à dimanche un de ses proches qui a requis l'anonymat.

M. Ag Ghaly, chef de l"Alliance démocratique du 23 mai 2006 pour le changement" qui renoncé à la lutte armée en signant des accords de paix avec le gouvernement de Bamako en juillet 2006 à Alger, "mène une mission d'écoute, de médiation" pour l"obtention de libération des otages et d'un cessez le feu total", a indiqué la même source, précisant que la médiation pourrait durer "quelques jours".

Les 26 et 27 août, une quarantaine de militaires avaient été enlevés dans le nord et le nord-est du Mali par des hommes armés lors de deux attaques revendiquées par Ag Bahanga.

Neuf militaires ont été libérés le 29 août par une action de l'armée, qui avait indiqué qu'une trentaine de soldats étaient encore retenus. Le lendemain, trois militaires avaient réussi à s'échapper.

Avant son départ de Bamako, jeudi vers le Nord, Ag Ghaly a obtenu de son ex-compagnon d'armes qu'il cesse ses offensives, ce qui a entraîné une suspension des opérations de l'armée pour libérer ses soldats kidnappés.

Les attaques d'Ag Bahangaont ont été condamnées par l'"Alliance du 23 mai", qui a rendu les armes après avoir obtenu de Bamako la mise en place d'un programme de développement des trois régions du nord, abritant l'essentiel de la communauté touareg.

En marge de ces évènements, seize civils ont été tués et plusieurs blessés jeudi et vendredi lorsque les camions les transportant ont sauté sur des mines près de la frontière algérienne.

Le commanditaire des attaques contre l'armée, qui n'a fait aucune revendication, a été accusé vendredi par le gouvernement de vouloir prendre le contrôle d'une zone frontalière afin de se livrer à des trafics.

Lors d'une rencontre avec le corps diplomatique vendredi à Bamako, le ministre de l'Administration territoriale, le général Kafougouna Koné, a affirmé que M. Ag Bahanga entendait par ses offensives reprendre "le contrôle de la zone de Tinzaouatine, lieu de passage international du trafic de drogue".

"L'armée a occupé un certain nombre de postes frontaliers, dont celui Tinzaouatine (à la frontière algérienne) pour pouvoir sécuriser les élections" présidentielles et législatives d'avril et juillet 2007, a rappelé le ministre.

"Bahanga s'est senti frustré, parce que pour lui, c'est son secteur", a-t-il assuré.

Le sud du Sahara (nord du Mali) est considéré comme un point de passage de nombreux trafics d'armes, de drogue, et d'immigrants clandestins.

Le général Koné a réaffirmé la volonté de son gouvernement de "poursuivre ses initiatives de paix dans une perspective régionale", alors qu'une rébellion touareg connaît un regain d'activité depuis février au Niger.


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