La campagne électorale pour le scrutin législatif du 7 septembre 2007 a été ouverte officiellement samedi et s'achèvera le 6 septembre à la veille du vote.
Il s'agit du deuxième scrutin législatif organisé sous le règne du roi Mohammed VI qui a accédé au trône en juillet 1999, après le décès de son père le roi Hassan II. La campagne électorale doit s'achever le 6 septembre 2007, à la veille du vote.
Parmi les enjeux du scrutin du 7 septembre 2007, le score éventuel des islamistes du Parti justice et développement (PJD) - que quelques estimations placent en tête des formations en lice -, et le taux de participation qui a été de seulement 52% en 2002 contre 58,3% en 1997, sont les plus importants, selon la presse.
"Nous espérons enlever 80 sièges à la Chambre des représentants et devenir la première force politique du pays", a déclaré à l'AFP Lahcen Daoudi, un responsable du PJD.
Ce parti qui en 2002 avait décidé de ne présenter des candidats que dans une partie des circonscriptions pour prévenir un raz-de-marée islamiste qui selon lui aurait pu inquiéter le pouvoir et la classe politique, avait toutefois enlevé 42 sièges, se classant troisième derrière l'Union socialiste des forces populaires (USFP, 50 sièges) et l'Istiqlal (nationaliste, 48 sièges).
Les députés du PJD ont constitué la principale force d'opposition parlementaire à la politique du gouvernement de 2002 à 2007.
Concernant l'islam, le secrétaire général du PJD Saâd Eddine Othmani avait affirmé que son parti s'en inspirait comme "référentiel, dans ce qu'il comporte de moral, d'éthique et de solidarité". "Mais il emprunte la rigueur économique et la démarche scientifique au niveau des autres volets", avait-il affirmé.
Le parti de M. Othmani a annoncé pour dimanche un grand meeting électoral à Casablanca, une grande ville où la présence de son concurrent socialiste, l'Union socialiste des forces populaires (USFP), est très forte.
Les 33 partis politiques en lice en 2007 (contre 26 partis en 2002), se répartissent en trois grandes tendances: les partis de la coalition gouvernementale sortante (gauche et centre-droit), les formations islamistes dont le PJD (opposition parlementaire), et trois formations de la gauche non gouvernementale regroupées en "alliance".
Dans 95 circonscriptions et 38.687 bureaux de vote (1.139 bureaux de plus qu'en 2002), les électeurs désigneront 295 députés au niveau local et 30 autres sur une "liste nationale" réservée exclusivement aux femmes.
Il s'agit d'un scrutin par liste à la proportionnelle, au plus fort reste - un système qui favorise la représentation des petits partis à la Chambre des représentants.
Le corps électoral compte 15,5 millions d'électeurs - pour une population globale estimée à un peu plus de 30 millions d'habitants, a indiqué vendredi le ministre de l'Intérieur Chakib Benmoussa lors d'une conférence de presse à Rabat.
Sur un total de 1.870 listes électorales déposées, L'Istiqlal (nationaliste) et l'USFP, membres de la coalition gouvernementale actuelle ont présenté 95 listes chacun, suivis du PJD et du Front des forces démocratiques (FFD, gauche) avec 94 listes chacun.