"J'ai eu longuement le président (algérien Abdelaziz) Bouteflika" au téléphone jeudi, a-t-il déclaré sur TF1 et France 2, indiquant que son homologue lui avait répété que les déclarations du ministre algérien des anciens combattants "ne reflétait en rien la position de l'Algérie".
"Je lui ai dit que je combattrais de toutes mes forces l'antisémistisme, l'islamophobie et toute forme de racisme", a poursuivi M. Sarkozy.
"Je considère que l'indident est clos et j'irai en ami en Algérie", a-t-il ajouté en évoquant sa visite d'Etat en Algérie prévue de lundi à mercredi.
Plus tôt dans l'entretien, M. Sarkozy avait indiqué qu'il comptait "ramener des contrats" de son déplacement en Algérie.
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a désavoué jeudi le "noyau dur" des vétérans de la guerre d'indépendance (1954-1962) hostile à la France, qui avaient tenté de forcer Paris à reconnaître les "crimes" du colonialisme, à cinq jours de la visite d'Etat du président français en Algérie.
M. Bouteflika a rappelé, dans une déclaration à l'agence nationale APS, que "la politique extérieure de l'Algérie" relevait de son domaine réservé et du ministre des Affaires étrangères", à l'exclusion de tout autre membre du gouvernement.
"Je considère à titre personnel que tant que la France ne reconnaîtra pas le crime commis en Algérie, nous ne pouvons pas envisager de réconciliation ni de normalistation totale avec elle", avait affirmé le ministre algérien des Moudjahidine (anciens combattants), Mohammed-Chérif Abbas, dont les propos sur un prétendu "lobby juif" en France et les origines de M. Sarkozy avaient suscité un tollé à Paris.
Plusieurs responsables algériens s'étaient relayés pour apporter leur soutien à M. Abbas et réitérer l'exigence d'une repentance de la France pour les "crimes" commis durant la colonisation. Cette question empoisonne depuis longtemps les relations entre les deux pays et a fait capoter le projet d'un traité d'amitié qui devait être signé fin 2005.