Dans un rapport d'une centaine de pages intitulé "Nouvelle crise au Nord-Kivu" et publié à Kinshasa, l'organisation de défense des droits de l'Homme décrit des meurtres, exécutions sommaires, recrutements forcés d'enfants, pillages et viols barbares "commis par toutes les parties en conflit" depuis 2006 dans cette province congolaise frontalière du Rwanda.
Foyer de rébellions ayant déjà plongé à deux reprises l'ex-Zaïre dans la guerre (1996-1997 et 1998-2003), le Nord-Kivu est depuis fin août le théâtre d'affrontements entre l'armée régulière, des troupes dissidentes ralliées à l'ex-général tutsi congolais Laurent Nkunda, mais aussi des milices locales Maï Maï et des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), tous deux hostiles à Nkunda.
"Les tentatives de résolution du conflit n'ont pas encore apporté de soulagement aux populations locales", déplore Anneke Van Woudenberg, chercheuse principale pour le Congo à HRW, appelant à des mesures d'urgences pour "protéger les civils" et mettre fin à "l'impunité presque totale dont bénéficient les auteurs" des crimes contre les civils.
HRW met en garde contre les risques d'une "guerre de grande envergure dans la province du Nord-Kivu", dont plus de 370.000 habitants ont fui leurs foyers depuis la fin 2006.
Un calme précaire régnait lundi matin dans le Nord-Kivu, province de l'est de la République démocratique du Congo (RDC) où de violents combats ont éclaté ce week-end sur plusieurs fronts, entraînant la fuite de milliers de civils totalement démunis. La Mission de l'ONU en RDC (Monuc) a multiplié les patrouilles de blindés légers et le survol des zones de combat par des hélicoptères d'attaque, a indiqué lundi à l'AFP son porte-parole militaire, le lieutenant-colonel Pierre Chareyron.
Des milliers de villageois ont fui samedi et dimanche des combats sur plusieurs fronts dans le territoire de Rutshuru, en provenance notamment de Bunagana et de Rugari, respectivement à environ 50 km et 30 km au nord-est de Goma, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Les déplacés se sont installés dans des écoles, des églises ou dans des familles d'accueil à Rutshuru, d'autres ont fui vers l'Ouganda voisin, selon des agences humanitaires qui ne disposaient lundi d'aucun nouveau recensement dans une province comptant déjà près de 750.000 déplacés internes.
Les combats ont opposé des troupes insurgées ralliées au général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda et des miliciens locaux Maï Maï du groupe de Kibamba Kasereka aux abords de Bunagana, et des soldats nkundistes à l'armée régulière dans les collines de Bukima et jusqu'à Rugari, plus au sud.