Le calme relatif du ramadan 2007 est dû à une mobilisation des forces de sécurité, qui ont multiplié les barrages de contrôle fixes et mobiles dans les villes et sur les routes et pris l'initiative de vastes ratissages dans les maquis, notamment en Kabylie, dernier bastion des islamistes.
Des centaines de policiers en civil ont été postés dans les quartiers les plus visés des grandes villes.
Plusieurs chefs islamistes locaux ont été éliminés, ainsi que le numéro 2 d'Al-Qaïda au Maghreb (BAQMI, ex-GSPC) Sofiane Fassila, 32 ans, tué dans un accrochage avec l'armée à Boghni (Kabylie).
Les forces de sécurité ont, pour leur part, perdu 34 de ses membres sur les 60 personnes tuées dans les divers affrontements avec des islamistes, selon un décompte de l'AFP.
L'unique opération spectaculaire des islamistes a consisté dimanche en début de soirée en une incursion, à visage découvert, dans deux villages près de Boghni (Kabylie) où ils ont rançonné des habitants et tenté de racketter les consommateurs d'un café populaire. Trois consommateurs, dont un policier, ont été tués dans cette attaque.
Le ministre de l'Intérieur Yazid Zerhouni a réaffirmé que les islamistes n'avaient plus désormais qu'une seule alternative: "se rendre ou mourir".
Les autorités estiment que les derniers attentats, qui ont frappé les imaginations en Algérie, n'ont pas réussi à relancer le terrorisme urbain. En outre, la BAQMI a essuyé un revers avec la reddition, le 22 septembre, du fondateur et ancien chef du GSPC, Hassan Hattab.
Le président Abdelaziz Bouteflika a, de son côté, réitéré sa volonté d'aller jusqu'au bout de sa politique de réconciliation nationale, adoptée par référendum en septembre 2005 et offrant le "pardon" et la grâce présidentielle aux islamistes qui déposent les armes.
La BAQMI, qui s'est aussi manifestée en 2007 en Tunisie, au Maroc, en Mauritanie et dans les pays du Sahel, est affiliée depuis septembre 2006 à la nébuleuse terroriste internationale d'Oussama Ben Laden.
Elle cherche à unifier sous sa bannière les groupes islamistes armés du Maghreb (Libye, Tunisie, Algérie, Maroc et Mauritanie) et du Sahel (Niger, Mali).
Les observateurs notent que ce mois de jeûne musulman, considéré comme propice au "jihad" (guerre sainte), a fait moins de morts que les accidents de la circulation, qualifiés par la presse de "terrorisme de la route": près de 160 morts et plus de 1.500 blessés.
La plupart de ces accidents meurtriers ont été enregistrés peu avant la rupture du jeûne et attribués à l'empressement d'automobilistes fatigués à rentrer chez eux pour prendre leur seul repas de la journée. Dix-sept personnes ont ainsi été tuées lundi dans la collision d'un bus et d'un camion semi-remorque lors d'un dépassement dangereux près de Chlef (ouest).
L'Algérie enregistre chaque année près de 5.000 morts sur les routes, un bilan jugé alarmant par les autorités.