La sécurité a été renforcée dans les bureaux de vote de cette ancienne colonie britannique d'Afrique de l'ouest de 5,5 millions d'habitants, après une campagne électorale marquée par de nombreuses intimidations et des violences ayant fait une trentaine de blessés.
Les 2,6 millions d'électeurs doivent choisir un successeur à Ahmad Tejan Kabbah, au pouvoir depuis 10 ans et qui ne pouvait pas se représenter pour un troisième mandat.
Le candidat de l'opposition, Ernest Koroma, 53 ans, du Congrès de tout le peuple (APC) fait face à Solomon Berewa, 69 ans, vice-président sortant et candidat du Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP, au pouvoir). M. Koroma, est arrivé en tête au premier tour du 11 août avec 44,3% des suffrages contre 38,3% à M. Berewa. L'opposant a en outre bénéficié du soutien affiché de Charles Margai, arrivé troisième avec un score de 13,9%.
Les 6.150 bureaux de vote sont ouverts de 07h00 (locales et GMT) à 17h00. Les premiers résultats sont attendus dans les prochains jours. Il s'agit de la deuxième élection présidentielle depuis la fin de la guerre civile en 2001 et la première organisée par les seules autorités de Freetown depuis le retrait en 2005 d'une mission de paix de l'ONU, forte de 17.500 hommes.
"La présence de la police militaire qui fait des patrouilles assurera un environnement propice à la tenue d'une élection pacifique, libre et crédible", a assuré l'adjoint au chef des armées, le général de brigade Alfred Nelson-Williams. Dans le bureaux de vote visités par l'AFP à Freetown, l'affluence semblait en retrait par rapport au premier tour.
Tamba Sillah attend de voter avec plusieurs dizaines autres électeurs dans une école de la banlieue ouest de la capitale Freetown. "Je vote pour le changement", a-t-il déclaré. Il a été amputé de son bras droit par les rebelles lors de la guerre civile, qui a fait quelque 120.000 morts et plusieurs milliers de mutilés. "L'ancien gouvernement n'a rien fait pour nous, les mutilés. Ce n'était que des promesses et des promesses", a-t-il ajouté.
La porte-parole de la commission électorale Niatta French a de son côté indiqué que les opérations de vote avaient débuté à l'heure et d'une manière plus ordonnée qu'au premier tour. "Il n'y avait pas foule dans les bureaux de vote mais les files d'attente vont progressivement s'étoffer", a-t-elle encore estimé.
Selon des observateurs étrangers, des files d'attente moindres qu'au premier tour pourrait également signifier que le vote est plus fluide, les électeurs comme le personnel électoral ayant pris leurs marques. "C'est assurément plus ordonné, les électeurs se sont familiarisés avec la procédure et le vote se déroule plutôt rapidement", s'est félicité Chris Fomunyoh, de l'ONG américaine National democratic Institute (NDI).
Plusieurs dizaines d'observateurs étrangers, notamment de l'Union européenne, de l'Union africaine et de la Communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) sont déployés dans le pays.