"Un obus de mortier a explosé au milieu d'une échoppe très fréquentée, tuant six personnes et en blessant cinq autres, certaines grièvement", a expliqué à l'AFP l'un des témoins, Hassan Abdallah Nur.
Quelques instants plus tard, un second obus a frappé une autre échoppe, tuant encore trois personnes. "L'obus a explosé au milieu de la foule, a tué trois civils et en a blessé sept grièvement", a indiqué Beq Omar, un pharmacien du quartier.
Le bilan a été confirmé par un autre témoin, Haji Ibrahim, expliquant que les victimes avaient été déchiquetées par les explosions.
"C'était horrible (...) L'explosion a taillé les gens en pièces (...) Nous ne savons pas d'où venaient les tirs", a-t-il ajouté.
Un correspondant de l'AFP a vu un bus rempli de blessés prendre la direction de l'hôpital Medina, où trois personnes sont mortes des suites de leurs blessures dans la journée, selon des médecins.
Une quarantaine de personnes touchées par les deux explosions ont été hospitalisées dans cet établissement.
"Deux autres personnes sont mortes de leurs blessures", a indiqué un des médecins de l'hôpital, Hassan Osman Burane.
"Cette journée est l'une des plus sanglantes depuis un mois", a affirmé un autre médecin de l'établissement, Othman Bentai, après la mort d'un troisième blessé.
Quelques heures avant l'attaque contre le marché, des combats avaient opposé des rebelles islamistes aux forces gouvernementales soutenues par l'Ethiopie.
Trois personnes, selon des témoins, ont été tuées dans ces combats qui ont éclaté dans le sud de Mogadiscio.
Tôt jeudi matin, deux civils avaient été tués par des tirs dans les quartiers de Yaqshid et Gupta, selon des habitants.
La capitale somalienne est le théâtre de violences quasi-quotidiennes, particulièrement meurtrières pour les civils, depuis la mise en déroute des tribunaux islamiques fin décembre 2006-début 2007 par l'armée éthiopienne, intervenue aux côtés des forces de sécurité du gouvernement de transition somalien.
Ces violences opposent des insurgés, parmi lesquels se trouvent des combattants islamistes, aux forces gouvernementales et éthiopiennes. Le quartier du grand marché de Bakara est particulièrement touché par ces affrontements.
Le marché, ancien poumon économique de la ville, est en partie un champ de ruines.
Les civils sont pris en otages dans ces combats, où l'artillerie est souvent utilisée tant par les insurgés que par l'armée éthiopienne.
Selon l'ONU, plus de 600.000 des quelque un million d'habitants de Mogadiscio ont quitté la ville depuis le début de l'année en raison des combats.