Mais "clairement, ceux qui pensent qu'une élection n'est juste et libre que lorsque l'opposition gagne ont été exclu, dès lors que le parti au pouvoir, la ZANU-PF, est en route vers un nouveau triomphe", a indiqué Mumbengegwi à des diplomates, selon le quotidien d'Etat Herald.
Les Etats-Unis et l'Union européenne ont imposé des sanctions au président Robert Mugabe et à ses plus proches collaborateurs après à sa réélection en 2002, émaillée selon eux d'irrégularités.
Mugabe, 84 ans, avait sorti son pays du Commonwealth en décembre 2003 après l'annonce par l'organisation, essentiellement composée d'anciennes colonies britanniques, de sa volonté de prolonger les sanctions imposées contre le régime après cette même élection de 2002.
Le chef de l'Etat vise un sixième mandat dans ce pays économiquement ruiné qu'il dirige depuis l'indépendance en 1980.
Il a initié depuis quelques années une politique d'ouverture vis-à-vis des pays asiatiques. Son ministre a d'ailleurs relevé que l'Inde, la Malaisie et l'Indonésie seraient aussi les bienvenues, ainsi que le Brésil, le Nicaragua et la Libye.
Le Kenya et le Nigeria, qui ont tous deux organisé l'an passé des élections marquées de nombreuses irrégularités, sont aussi conviés, tout comme la Communauté de développement de l'Afrique australe, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (CEDEAO) et le Parlement pan-africain.
Aux élections, Mugabe sera opposé au principal mouvement d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), ainsi qu'à son ancien ministre des Finances Simba Makoni.
L'exclusion des Occidentaux "témoigne de ce que le gouvernement a beaucoup à cacher", a commenté vendredi un responsable du MDC, Innocent Gonese.
"Si tout était fait de façon claire et libre, il ne serait pas nécessaire d'exclure qui que ce soit. Ceux qui ont été invités ne verront ni n'entendront rien de condamnable et ils cautionneront une élection invalide", a-t-il indiqué à l'AFP.